En pleins préparatifs de la Foncière qui permettra de financer les fermes de nos projets nous avons souhaité nous renseigner sur l’attente et les besoins des potentiel·les investisseurs·ses, autrement dit, des citoyens et citoyennes prêt·es à investir leur épargne au service de la transition agroécologique.
Des répondant-es aligné-es sur les valeurs de FEVE
Ce questionnaire a été administré auprès de 230 personnes proches de FEVE (qui nous suivent sur les réseaux sociaux ou nous ont découvert via du bouche à oreille). Les réponses sont donc très influencées par ce biais de connivence avec le milieu de la transition écologique. Cette chambre d’écho a certainement participé au fait que tous·tes les répondant·es disent avoir déjà modifié leurs habitudes de consommation et leur mode de vie (alimentation, réduction de la consommation de produits neufs, changement de fournisseur d’énergie, de mode de transport, etc.) dans l’optique de participer à la transition écologique. Les personnes interrogées ont également souligné l’importance de la pédagogie, de la sensibilisation et de la mobilisation dans leur implication pour la transition écologique.
Il est intéressant de noter que pour une large majorité des répondant.es, les 3 objectifs les plus importants de la transition écologique sont de préserver la biodiversité, de produire et de consommer de manière durable et de limiter le dérèglement climatique.
D’après une étude Oxfam, sachant qu’en moyenne un·e français·e conserve 25 000 € sur ses comptes, cette épargne est le premier poste d’émission de CO2 devant même la consommation des personnes.
Dans la cohorte interrogée, ⅓ des personnes ont décidé de gérer leur épargne différemment dans l’optique de participer à la transition écologique. Dans ce cas, les citoyen·nes épargnant·es se tournent principalement vers l’investissement en direct dans des projets porteurs de sens. 49% des personnes ont déjà participé à un financement participatif, 35 % ont choisi les placement labellisé ISR ou ESG et fait le choix d’une banque à impact comme le propose OnlyOne par exemple.
Des personnes prêtes à investir…
mais qui ne trouvent pas de placement qui leur convienne vraiment
Parmi ces investisseur·ses responsables, seulement 18 % disent réussir à mettre en cohérence ses investissements avec sa vision de la transition écologique.
Le personnes soulignent le manque d’information et de transparence des placements et de leurs impacts que traduisent une défiance envers les propositions d’investissement.
En effet, il apparaît souvent difficile d’éplucher les petites lignes de contrats qui leur semble obscures et risquées. Les interrogé·es déplorent un manque de produits financiers simples et accessibles, dont les retombées économiques et écologiques sont claires et visibles. Pourtant la volonté est là puisque 96% seraient prêts à placer leur épargne dans un support produisant un impact positif d’un point de vue environnemental et social.
Des investisseur-ses intéressé-es par d’autres perspectives que les intérêts nets…
mais qui restent prudent-es
Parmi les interrogés, même si la performance financière n’est qu’au second plan des critères déterminants, loin derrière la vertu écologique et sociale qui est plébiscitée par 83 % des répondant.es, en moyenne les personnes attendent un retour sur investissement de 1,87 % par an. La transmission de l’investissement est une dimension qui intéresse 17 % des répondant·es.
Investir dans une foncière agricole agréée ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale) donne accès à une réduction d’impôt de 25 % du montant investi. 23 % des répondant·es réduisent déjà leurs impôts grâce à des investissements ou dépenses éligibles mais 70 % d’entre eux sont loin du plafond des 10 000 € et pourraient donc bénéficier de réduction d’impôt supplémentaire. 22 % des personnes interrogées sont intéressées par l’exonération de leur investissement de l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) qui est perçue comme un avantage de ce type de placement.
Même si le rendement n’est pas la priorité des personnes interrogées, la sécurisation de leur capital est une dimension importante pour eux. Seulement 14 % des répondant·es sont disposé·es à prendre un risque de perte en capital. Cela se traduit notamment par une préférence de 61 % pour un placement dans une structure qui mutualise les investissements plutôt qu’un investissement reposant sur un seul projet. Ce sont sans surprises les personnes qui attendent la plus forte rentabilité qui sont également les plus enclines à prendre des risques en capital.
On note que les personnes imaginant investir de petits montants préfèrent conserver la liquidité de leur placement tandis que les investissements plus conséquents sont davantage voués à être placés sur le long terme (au moins 5 ans).
Si les personnes font la démarche de changer leur épargne de place (la résistance au changement reste un obstacle notable) elles s’attendent à être fières de participer à des projets concrets qui ont un impact local conséquent. Les investisseurs et investisseuses veulent tout simplement s’identifier au projet en y participant via leur épargne. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les personnes souhaitant investir des montants inférieurs à 1000 € ou supérieur à 100 000 € sont beaucoup plus enclines à souhaiter investir dans des fermes identifiées que dans une structure qui mutualise les investissements dans différentes fermes.
Plus des ⅘ des répondant·es aimeraient pouvoir échanger virtuellement et physiquement avec les autres investisseur·ses pour partager les engagements et discuter du sens et des leviers d’action de la transition agricole. Ils et elles sont d’ailleurs 87 % à se dire prêt·es à contribuer par un autre biais à l’accompagnement des agriculteur·ices.
50 personnes pourraient financer une ferme…
et permettre à 3 personnes de s’installer
82 % des interrogé·es se disent prêt.es à investir dans une structure qui acquiert du foncier agricole pour le mettre à disposition d’agriculteur·ices moyennant une bail environnemental (ce que propose FEVE).
L’investissement médian envisagé est autour de 5 000 € mais d’importants montants sont considérés par quelques particuliers ce qui fait grimper la moyenne à 13 000 € par personne. Si tous les répondant·es investissaient les montant renseignés nous pourrions collecter entre 1,8 million et 3 millions d’euros. Ce montant équivaut à l’investissement nécessaire pour installer trois fermes collaboratives et diversifiées en agroécologie avec seulement 130 participant·es au financement.